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Les idées reçues sur l’alccol



Savez – vous qu’en 2006, en Polynésie française, nous avons consommé 5.63 litres d’alcool pur par habitant. Si nous ramenons ce chiffre à une population âgée de plus de 15 ans, la consommation atteint un taux de 7.8 litres d’alcool pur par habitant, ce qui représente environ :

-  100 litres de bière ;
-  22 litres de vin ;
-  et 1 litre de champagne.

Une enquête menée en 1999 à démontré que 85% des jeunes âgés de 18 à 20 ans ont déjà bu de l’alcool et que 30% des 18-19 ans en boivent une fois par mois, 11% tous les week-ends et 4% tous les jours. (Source : centre de consultation spécialisé en alcoologie et toxicomanie).

Tout le monde le sait ! Boire ou conduire il faut choisir ! Mais malgré toute l’information qui circule depuis plusieurs années sur l’alcool et la conduite, un grand nombre d’idées fausses persistent. Voici un petit florilège d’idées reçues sur l’alcool.

« Après avoir bien bu, il faut bien manger ! »

Si vous consommez de l’alcool sans avoir mangé, votre estomac est vide, et l’alcool passe directement dans l’intestin grêle, puis du sang au cerveau. Il faut environ une demi-heure pour que ce processus se réalise.

L’assimilation est donc sans obstacle et l’alcool vous monte à la tête.

Voilà ce qui explique ses effets rapides dans une telle situation.

Si vous mangez après en avoir consommé, rien n’est changé. L’alcool est déjà dans votre appareil circulatoire et il est trop tard.

« Mais alors, il faut d’abord bien manger pour pouvoir bien boire ? »

Si vous prenez un verre lors d’un bon repas, le processus d’assimilation n’est plus tout à fait le même. La nourriture dans l’estomac absorbe une certaine quantité d’alcool.

De plus, tant que la nourriture n’est pas complètement digérée, le sphincter entre l’estomac et l’intestin grêle se contracte et retarde d’environ une heure le passage de la nourriture et de l’alcool dans l’intestin. Le processus d’assimilation est donc plus long et l’alcool arrive à notre sang plus lentement.

Toutefois, même le plus copieux des repas ne vous empêchera d’être imbibé si vous buvez trop.

Dans une telle situation, une certaine quantité d’alcool traverse les parois de l’estomac pour passer dans l’appareil circulatoire et une autre partie suit les aliments digérés dans l’intestin grêle.

Par conséquent, même en prenant un bon repas, si vous consommez trop d’alcool vous n’échapperez pas à l’intoxication.

« Pour éliminer il faut bouger ! »

Prendre une douche froide, marcher sous la pluie ou danser jusqu’au bout de la nuit ne diminuent pas l’effet de l’alcool.

C’est votre foie qui en élimine la presque totalité, entre 0.10 et 0.15 g/l par heure. L’organisme en élimine également une certaine quantité par d’autres moyens : urine, respiration et transpiration.

Cependant, moins de 10 % d’alcool seulement peut être évacué de l’organisme de cette façon. Donc, pour se dégriser, il faut attendre que le foie exécute son processus de transformation de l’alcool. Et cela peut prendre du temps ! Dormir c’est mieux !

Par exemple, une personne avec un taux d’alcoolémie de 0.9 g/l devra attendre entre 3 et 4 heures avant de pouvoir reprendre le volant, mais elle présentera encore des troubles. L’élimination totale prendra entre 6 et 9 heures.

« Boire des cocktails ou des boissons allongées c’est moins dangereux ! »

Les boissons allongées et les cocktails ne sont pas moins dangereux que les autres boissons alcoolisées !

50 ml d’alcool dans un mélange de jus de fruits exotiques demeurent 50 ml d’alcool !

Le cocktail n’est pas toujours aussi léger qu’il en a l’air. Certains mélanges peuvent parfois retarder ou atténuer les effets de l’alcool. Comme les mélanges sont souvent « rehaussés » d’alcool sans mesure précise, ces savoureux cocktails risquent d’être plus forts que vous ne l’imaginez. Attention, les effets peuvent surprendre. Peu importe le genre de boisson, l’alcool en trop grande quantité rend ivre.

« Je supporte très bien l’alcool ! »

C’est connu, les individus ne réagissent pas tous de la même façon à la consommation d’alcool. Certains semblent y être moins vulnérables que d’autres. Ils peuvent en absorber plus sans que cela ne paraisse vraiment. Ces personnes ont développé une certaine tolérance à l’alcool et ont appris à combattre ces effets.

Il y a deux sortes de tolérance à l’alcool : celle du métabolisme et celle du système nerveux central. Dans bien des cas, une personne a développé les deux. Dans le premier cas de tolérance, le foie exécute son travail de transformation plus efficacement. Ainsi, pour que l’alcool produise des effets sur son comportement, elle doit augmenter sa consommation.

Pour le second type de tolérance, le système nerveux central s’habitue également jusqu’à un certain point à l’alcool et en « demande » plus. Pour rétablir ou augmenter ses effets, la personne doit donc consommer davantage.

Certaines personnes pousseront leur organisme jusqu’à la limite, au point de non-retour à partir duquel le cerveau et le foie sont en si mauvais état que la tolérance diminue de jour en jour. À partir de ce moment, boire, même en moindre quantité, aura des effets considérables.

Sur la route, ces conducteurs sont particulièrement dangereux.

« Un bon café et ça repart ! »

Même si un café noir bien tassé vous donne l’impression de retrouver toute votre énergie, il ne vous dégrisera pas !

Il agira de façon différente sur votre métabolisme, la caféine le stimulant sans toutefois diminuer l’alcoolémie. Les effets de l’alcool seront toujours présents et votre capacité de conduire demeure diminuée.

Pour éliminer l’alcool, le foie prend tout le temps qu’il lui faut. Le café n’accélère en rien son action.

« De toute façon je ne bois que de la bière ! »

On pense que prendre une bière plutôt qu’une autre boisson alcoolisée a moins d’incidence sur le comportement.

Si l’on respecte les mesures standard pour chaque type de boisson, une bière de 33 cl équivaut à un verre de vin, d’apéritif ou de spiritueux.

Chacune de ces boissons contient la même quantité d’alcool. Donc, une personne qui prend trois bières ou trois scotchs consommera la même quantité d’alcool. Il sera assimilé un peu différemment par l’organisme, mais les résultats seront les mêmes.

« Ça fait une heure que je ne bois plus ! »

Bravo, vous êtes sur la bonne voie, mais ce n’est forcément suffisant ! Cette bonne habitude n’est valable que dans la mesure où vous limitez votre consommation au minimum. Pour une personne qui a trop consommé d’alcool, une heure d’attente ne changera rien à son état.
L’organisme élimine beaucoup plus lentement l’alcool qu’il ne l’assimile.
Pour éliminer complètement quelques verres, votre organisme prendra plusieurs heures.

Par exemple, pour qu’une personne élimine 70 mg d’alcool de son organisme, il lui faudra attendre en moyenne près de cinq heures. Pour éliminer l’alcool, seul le temps est efficace.

« Je peux boire un peu plus, de toute façon, je n’habite pas loin ! »

Tout le monde le sait, c’est sur les trajets les plus court et les plus connus que les accidents sont les plus nombreux. Habituellement, l’attention est moins soutenue et on croit connaître tous les risques…combinez cette certitude avec une consommation d’alcool, le cocktail est mortel.

« Mon médecin m’a dit de faire attention en conduisant car je suis un traitement médicamenteux, mais il ne m’a pas interdit de conduire. »

Lorsque l’on consomme des médicaments , il faut toujours demander conseil à son médecin ou pharmacien tout en prenant la peine de lire les mises en garde figurant sur la notice et l’emballage. Conjugués à l’alcool, certains médicaments peuvent augmenter de façon significative le risque d’accident (somnolence, pertes de connaissances, vertiges, étourdissements, troubles visuels, hallucination…).

Avec la généralisation de l’automédication, ces risques concernent tout un chacun.