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Les stupéfiants et les médicaments



Fiche 3.1.3 Les stupéfiants et les médicaments

-  Les médicaments ne soignent pas votre conduite

-  Savoir identifier un médicament dangereux pour la conduite

-  Principaux médicaments ayant des effets notoires sur la conduite

-  Les bonnes questions à se poser

-  Stupéfiants et conduite

-  Les différents stupéfiants

-  Leurs effets sur la conduite

-  Les mélanges

Conduire en ayant pris des médicaments ou des stupéfiants (drogues) comporte des risques. Comme l’alcool, ces derniers diminuent la capacité de conduire multipliant les risques d’accident.

La part des accidentés ayant conduit sous l’influence d’un médicament représente environ 10 % des cas. Quant aux décès imputables à la prise de stupéfiants, on les estime à 220 par an sur l’ensemble du territoire national, la plus grande part des victimes ayant moins de 25 ans (source : securiteroutiere.equipement.gouv.fr).

La consommation conjointe d’alcool et de cannabis entraîne une accumulation des effets et une multiplication par 14 du risque d’être responsabled’un accident mortel (source :securiteroutiere.equipement.gouv.fr).

Si nous hiérarchisons distinctement la dangerosité des drogues et médicaments, reste que la prise de conscience des risques liés à leur utilisation dépend particulièrement de l’âge et des comportements de consommation. Ainsi, il apparaît qu’un français sur cinq a déjà essayé le cannabis. Que la majorité d’entre nous sommes des consommateurs habituels de drogues licites (alcool, cigarettes, …). De même, les hommes et plus particulièrement les jeunes adultes sont plus exposés à la consommation de drogues alors que les femmes le sont aux médicaments psychotropes.

Si notre société plébiscite les campagnes menées contre ces phénomènes d’addictions, n’en demeure pas moins que tout un chacun ignore les risques potentiels qu’entraîne la prise de stupéfiants ou de médicaments lors de la conduite.

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- LES MÉDICAMENTS NE SOIGNENT PAS VOTRE CONDUITE

Certains médicaments peuvent altérer vos capacités à :

o conduire un véhicule (voiture, poids lourd, deux-roues…),

o accomplir des tâches avec des machines qui nécessitent une attention soutenue, de la précision et le respect des consignes de sécurité, que ce soit dans un cadre professionnel ou lors d’activités de bricolage (scies électriques, tronçonneuses…).

Lorsque vous prenez un médicament, il faut toujours lire les mises en garde inscrites sur l’emballage (sans hésiter à demander conseil à votre médecin ou votre pharmacien).

La conduite d’un véhicule y est souvent contre-indiquée, même dans le cas de médicaments d’usage courant.

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Savoir identifier un médicament dangereux pour la conduite.

Depuis 1999, les médicaments qui peuvent avoir un effet sur l’aptitude à la conduite automobile sont signalés par le pictogramme ci-dessous, imprimé sur le conditionnement extérieur.

Pour mieux vous informer de ces risques, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire (AFSS) a mis en place trois nouveaux pictogrammes, correspondant chacun à un niveau de risque encouru et un message donnant l’attitude pratique à adopter lors de l’utilisation du médicament concerné :



La prise d’un médicament n’est jamais un acte anodin, car elle peut avoir des conséquences sur votre sécurité et celle des autres. Elle engage toujours votre responsabilité, même si vous avez pris l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.

Les anti – dépresseurs du système nerveux sont les plus redoutables puisqu’en plus de produire leurs propres effets, ils augmentent celui de l’alcool. Parmi les plus couramment utilisés, retenons ceux que l’on prescrit pour le soulagement de l’anxiété et de l’insomnie.

Les sédatifs (calmants) et les hypnotiques (somnifères) sont également dangereux. Il en va de même pour la plupart des antihistaminiques (pour les symptômes d’allergie) et des autres tranquillisants mineurs.

Les drogues, tels que le cannabis, les hallucinogènes et les inhalants, sont également incompatibles avec la conduite d’un véhicule, combinées ou non avec la prise de médicaments ou d’alcool.

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- PRINCIPAUX MÉDICAMENTS AYANT DES EFFETS NOTOIRES SUR LA CONDUITE
Les médicaments ayant des effets notoires sur la conduite
(Source : AFSAPS)

- LES BONNES QUESTIONS À SE POSER

Pourquoi un médicament peut-il être dangereux pour la conduite ?

Pour conduire un véhicule, il faut être concentré, en bonne forme physique, avoir une bonne vue, une bonne audition et de bons réflexes, ne pas manquer de sommeil. On estime qu’un conducteur, ayant pris un médicament sédatif (qui peut entraîner une somnolence, rendre moins attentif et/ou ralentir les réflexes), a un risque d’accident 2 à 5 fois plus important.

Mais vous devez savoir que certains médicaments peuvent aussi :

- altérer vos capacités de jugement, vous rendre euphorique ou agité,
- diminuer la rapidité de vos réflexes,
- gêner votre vue,
- donner des vertiges,
- perturber vos mouvements…

Quels sont les médicaments dangereux pour la conduite ?

Les études réalisées dans les pays occidentaux montrent qu’environ 10 % des blessés ou des tués, lors d’accidents de la route, prenaient des médicaments psychotropes, c’est-à-dire agissant sur le système nerveux, tels que les somnifères ou les tranquillisants (en particulier les médicaments de la famille des benzodiazépines).

Mais, de très nombreux médicaments sont également susceptibles d’altérer vos capacités de conduite :

- ils peuvent vous être prescrits par votre médecin pour lutter contre un trouble passager (allergie, douleur, infection…) ou encore traiter une maladie chronique (hypertension, diabète, maladie de Parkinson, rhumatismes, troubles urinaires…) ;
- ils peuvent aussi vous être conseillés par votre pharmacien, pour des maladies plus bénignes comme le rhume ou la toux, ou pour prévenir par exemple le mal des transports ;
- enfin, il peut s’agir de médicaments en vente libre, en pharmacie, sans ordonnance, ni conseil particulier.

Si je dois prendre le volant, quels sont les signes qui doivent m’alerter ?

Si vous avez l’intention de conduire après avoir pris un médicament, vous devez être très attentif à l’apparition d’un ou de plusieurs des signes suivants :

- fatigue, envie de dormir, sensation de faiblesse ;
- vertiges (tête qui " tourne ") ;
- troubles de la vue (vision trouble, mauvaise appréciation des distances, difficultés à voir lorsque la nuit tombe…) ;
- tremblements, mouvements involontaires, sensations de fourmillements dans les membres, d’engourdissement ; troubles du comportement divers (agressivité, nervosité…) ou du jugement (se sentir excessivement sûr de soi ou au contraire, particulièrement angoissé).

Attention !!!

Il se peut que vous ne ressentiez pas ces signes, mais que cependant vos capacités de conduite soient réellement altérées ; c’est pourquoi il est indispensable de regarder, systématiquement, si un pictogramme figure sur la boîte de chacun de vos médicaments.

Les effets des médicaments sont-ils les mêmes pour tout le monde ?

Les effets des médicaments, qu’ils soient bénéfiques ou indésirables, varient d’une personne à l’autre, en fonction de divers facteurs tels que l’état de santé, l’âge ou la prise simultanée d’autres traitements. Si vous vous interrogez sur les répercussions éventuelles d’un médicament en termes de durée, de fréquence et d’intensité, posez la question à votre médecin ou à votre pharmacien. De plus, il pourra vous aider à choisir le médicament le plus adapté à votre cas.

Que faut-il faire si on utilise des médicaments comportant un pictogramme ?

Les médicaments de niveau 3 (pictogramme rouge)

Par définition, ce sont les médicaments qui présentent le risque le plus élevé. Parmi eux, on retrouve pratiquement tous les somnifères, de nombreux tranquillisants et neuroleptiques, les anesthésiques généraux, les collyres provoquant une dilatation de la pupille. La prise de ces médicaments entraîne une incapacité temporaire qui rend la conduite impossible. Lorsque votre médecin vous prescrit de tels médicaments, vous devez vous informer du délai à respecter avant de pouvoir reprendre le volant.

Les médicaments de niveau 2 (pictogramme orange)

Ils peuvent, dans certains cas, remettre en cause la conduite d’un véhicule ou l’utilisation d’une machine. Il est donc indispensable d’en parler avec un professionnel de santé, tel le médecin qui vous prescrit ce type de médicaments ou le pharmacien qui vous le délivre. C’est avec leur aide que vous pourrez vérifier votre aptitude.
Cette catégorie de médicaments comprend, entre autres, des antidépresseurs, des anti-douleurs (notamment, ceux contenant des substances comme la codéine, le dextropropoxyphène, la morphine…), des tranquillisants, des médicaments du diabète, de la maladie de Parkinson et de l’épilepsie.
Mais des traitements qui pourraient vous sembler plus banal, comme certains médicaments de l’allergie ou du rhume des foins, les médicaments contre le mal des transports…, doivent également vous amener à en parler avec un médecin ou un pharmacien avant de conduire.

Les médicaments de niveau 1 (pictogramme jaune)

La plupart du temps, ils ne contre-indiquent pas la conduite, mais peuvent parfois présenter des effets réellement dangereux ; par exemple, certains médicaments du rhume ou de la toux peuvent entraîner une somnolence, certains médicaments pour lutter contre l’hypertension artérielle peuvent entraîner des vertiges etc.
Vous devez être vigilant, surtout si vous ressentez ou si vous avez déjà ressenti de tels effets.

Attention !!!

Dans tous les cas (même avec un pictogramme de couleur jaune), il convient de lire attentivement la rubrique " Conducteurs et utilisateurs de machines " de la notice contenue dans la boîte. Les paragraphes " Mises en garde et précaution d’emploi " et " Effets indésirables " peuvent également vous signaler des effets nocifs pour la conduite.

Combien de temps les effets dangereux d’un médicament durent-ils ?

La durée des effets peut être très différente d’un médicament à l’autre et même d’une personne à l’autre ; elle peut aller de quelques heures à plusieurs jours. Ainsi, après avoir pris un somnifère, il est indispensable d’avoir une bonne nuit de sommeil (et pas seulement deux ou trois heures !). Mais les effets de certains somnifères peuvent se prolonger au cours de la journée suivante. Ainsi, si votre médecin vous prescrit un somnifère, ou tout autre médicament de niveau 3, il est indispensable d’envisager, avec lui, à quel moment vous pouvez reprendre le volant.

Si je prends, chaque jour, un médicament présentant des risques pour la conduite, dois-je arrêter de conduire ?

Ce n’est heureusement pas une règle générale. Dans certaines maladies chroniques, telles que l’épilepsie (risque de convulsions) ou le diabète, le fait de suivre un traitement prolongé, en respectant les posologies prescrites, peut, au contraire, restaurer l’aptitude à conduire un véhicule. Certains effets d’un traitement, potentiellement dangereux pour la conduite, pourront même progressivement s’estomper lorsque vous aurez pris le médicament pendant un certain temps.
Dès que votre médecin vous prescrit un médicament à prendre tous les jours, il est important de lui signaler que vous conduisez.

Dans quelles circonstances faut-il être le plus attentif lorsque l’on prend, chaque jour, un médicament ?

Au début du traitement :

Lorsque vous commencez un nouveau traitement, les effets du ou des médicaments et notamment les effets potentiellement dangereux pour la conduite, peuvent être particulièrement marqués. Le début d’un traitement est donc une période pendant laquelle vous devez observer les effets du médicament sur votre organisme, votre vigilance et votre comportement ; vous devez être très prudent lorsque vous prenez le volant. N’hésitez pas à en parler à votre médecin, qui, dans certains cas, pourra adapter le traitement à vos activités.

Lors de l’arrêt du traitement

Lorsque vous cessez de prendre un médicament auquel votre organisme est accoutumé, des signes de sevrage (nervosité, anxiété, malaise…) apparaissent parfois et altèrent vos capacités de conduite. Dans d’autres cas, des troubles, dont vous ne souffriez plus lorsque vous suiviez votre traitement, peuvent réapparaître.

Cela veut-il dire que, si je suis en cours de traitement et que je le tolère bien, il n’y a aucun risque pour la conduite ?

Lors d’un traitement au long cours, il peut arriver que vous soyez fatigué, énervé, que vous souffriez d’une affection passagère (rhume, angine, mal aux dents, infection urinaire…). Faites attention à toute circonstance de ce type qui pourrait modifier les effets de votre traitement ou vous amener à prendre un nouveau médicament. Ce dernier pourrait alors majorer les effets de votre premier traitement ou, à l’inverse, en diminuer l’efficacité.

Attention

Vous ne devez jamais arrêter ou modifier le traitement, que vous prenez tous les jours, de votre propre initiative et sans en parler avec votre médecin !

Est-il possible de réduire les effets des médicaments sur la conduite ?

En cas de somnolence, le café, par exemple, peut faire disparaître la sensation de fatigue et améliorer transitoirement la concentration. Mais prudence ! La prise d’un produit stimulant ne permet pas de " récupérer ", ni de retrouver la forme physique et les capacités de concentration nécessaires à la conduite. La fatigue est toujours là, mais vous ne la sentez plus.

De plus, l’effet de ces produits est généralement court, et, lorsqu’il cesse, vous pouvez vous retrouver en situation dangereuse.

Et l’alcool ?

Chacun sait que l’alcool est très dangereux au volant. La conduite avec un taux d’alcool supérieur à 0,50 gramme par litre de sang est interdite et passible de sanctions pouvant aller jusqu’à des peines d’emprisonnement.
Mais, attention ! En ayant bu une quantité modérée d’alcool (c’est-à-dire si votre taux d’alcool dans le sang est inférieur à 0,50 gramme par litre), vous pouvez être hors d’état de conduire, si vous avez également pris un médicament qui a des effets sur la conduite.

L’association médicaments + alcool est absolument à proscrire lorsque l’on prend le volant : les risques d’accident dus à l’alcool, d’une part, et aux traitements, d’autre part, peuvent être multipliés ! Il est en de même avec les stupéfiants, qu’il s’agisse de drogues (cannabis, ecstasy, cocaïne, héroïne, crack…) ou de médicaments détournés de leur usage normal.
Faites particulièrement attention à certains médicaments (par exemple, certains sirops contre la toux) qui contiennent de l’alcool et peuvent vous faire dépasser les limites légales, si vous absorbez une boisson alcoolisée dans le même temps.

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- STUPÉFIANT ET CONDUITE

La consommation de stupéfiants est un des fléaux de nos sociétés modernes. Que les drogues soient licites ou illicites, ces dernières représentent des conséquences sanitaires et sociales importantes.
Un français sur cinq admet avoir consommé au moins une fois du cannabis.
La dernière enquête SAM 2005 (stupéfiants et accidents mortels en circulation routière) a démontré que sur 10 748 conducteurs (décédés ou non) impliqués dans 7 458 accidents mortels survenus entre octobre 2001 et septembre 2003, 7 % avaient été sous l’empire de stupéfiants. 40 % d’entre eux avaient consommé en plus de l’alcool.

Ce constat effarant est en partie du à l’évolution des mentalités tendant à banaliser, surtout chez les jeunes conducteurs, la consommation de stupéfiants, et ce, en vertu de nombreuses idées reçues.

Estimation du nombre de consommateurs de drogue en France métropolitaine (1999)

Ce qu’il faut retenir :

-  Il n’y a pas de drogues inoffensives. Toutes les drogues agissent sur le cerveau et les effets qu’elles produisent sont incompatibles avec la conduite automobile.

-  Bien souvent, le conducteur sous l’influence de drogues n’est pas conscient que ses facultés sont affaiblies. Les drogues affectent sa capacité à conduire, et ce, même lorsqu’il a l’impression que les effets des drogues se sont dissipés.

-  Les effets des drogues peuvent varier d’une personne à l’autre et même d’une fois à l’autre. Cela dépend du produit consommé, des caractéristiques propres à chaque personne et du contexte de consommation.

-  Le fait de consommer plusieurs substances lors d’une même occasion (alcool/drogues) est très dangereux et augmente considérablement le risque d’être impliqué dans un accident mortel.

Les principaux effets des drogues sur la conduite sont les suivants :

-  somnolence ;
-  augmentation du temps de réaction ;
-  perte de coordination ;
-  problèmes de vision ;
-  risque de ne pouvoir faire face à l’imprévu ;
-  agressivité.

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- LEURS EFFETS SUR LA CONDUITE AUTOMOBILE

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- LES MÉLANGES

Le fait de consommer plus d’une substance psychotrope (alcool et drogue) à la fois, accroît grandement le risque d’être impliqué dans un accident mortel de la route. Les effets des différentes substances consommées peuvent s’additionner mais également se potentialiser, ce qui veut dire que le total des effets est plus grand que la somme des effets pris individuellement.

Les mélanges impliquant l’alcool et un autre psychotrope sont les plus dangereux.

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